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La journée mondiale des mobilités et de l’accessibilité

La journée mondiale des mobilités et de l’accessibilité, tu connais ? Elle se déroule le 30 avril 2021. Pour parler de cette journée, j’ai convié afin d’échanger sur le sujet HANDIROAD, AUDIOSPOT et N-VIBE, 3 entreprises qui oeuvrent toute l’année sur ce sujet qui nous concerne tous… parce qu’il s’agit aussi de mieux vivre ensemble.

Ce que représente cette journée ?

Cette journée importante se fera sur le versant de la sensibilisation pour le grand public, et du lobbying pour faire en sorte qu’il y ait plus de solutions qui soient développées dans ce sens. 

Charlie GALLE, CEO et co-fondateur de la société N-VIBE

Quels sont les enjeux de cette journée mondiale des mobilités et de l’accessibilité ?

Voir ce qu’en pense Stéphanie GATEAU, la CEO de HANDIROAD :

« Les réels enjeux à l’heure actuelle sont de différents ordres :

Le 1er enjeu pour moi, auquel pour l’instant personne ne répond avec les solutions que j’ai cru entrevoir, c’est la sécurisation. Je pars du principe que c’est un peu comme la pyramide de Maslow. Dans les besoins, la 1ère question que je me pose avant de prendre le risque de sortir ou pas c’est : est-ce que j’aurais des solutions si j’ai un pépin ?  Si je n’ai pas de solution, par sécurité je vais rester chez moi. 

Le 2ème enjeu concerne les Smart Cities dont on parle beaucoup à l’heure actuelle, ainsi que la ville du quart d’heure. Il y a beaucoup de villes, de pays qui se positionnent sur cet enjeu de la ville connectée. Ce qu’on améliore, et cela c’est vraiment pour moi très grave, c’est la mobilité de chacun d’être à un quart d’heure des courses, du travail de l’école, etc, mais pour les personnes déjà mobiles. C’est-à-dire que dans tous ces projets à aucun moment on ne s’est dit qu’il y a un tiers de la population qui est déjà impacté par son manque de mobilité ; on est en train de recréer un système de privilèges en excluant des personnes qui sont déjà malheureusement  exclues  à cause de leur problème de mobilité.

La 3ème chose pour moi est une inter-indépendance évidente entre la PMR et l’aidant. On n’a pas une cible qui serait la personne impactée dans sa mobilité, mais la personne qui l’aide au quotidien que ce soit professionnel, médical, amical, familial. L’aidant a une inquiétude qui est de savoir si la personne à mobilité réduite va arriver d’un point A à un point B en toute sécurité. Et dans certains cas il va même préparer et anticiper le déplacement.

Le dernier enjeu vraiment important pour moi, parce qu’on en parle beaucoup en ce moment et si j’avais les moyens de communiquer sur ce sujet H24 je le ferais avec grand plaisir, c’est la sécurisation : on sait aujourd’hui que parmi les femmes qui sont atteintes de handicap, quel que soit le handicap, 4 femmes sur 5 sont victimes de violences, soit à domicile, soit sur leur trajet, soit dans les centres de rééducation, soit par un aidant…  Ce chiffre de 4 femmes victimes de violence sur 5 parce qu’elles sont atteintes, peu importe le titre de handicap qu’elles portent, je trouve que c’est inhumain et inadmissible que personne ne réagisse à ça. « 

Autre point de vue, celui de Caroline AZIERE de chez AUDIOSPOT

« L’accessibilité n’est pas seulement une loi, à laquelle les collectivités et les lieux recevant du public doivent se conformer, c’est aussi un moyen de donner plus d’autonomie aux personnes en situation de handicap, et plus d’accès à la culture et aux services.

Le numérique est un outil essentiel pour fournir à chaque personne la bonne information, au bon endroit, au bon moment, dans le bon format, et pour compléter la signalétique souvent insuffisante et essentiellement visuelle, que ce soit en extérieur, sur la voirie pour guider les personnes qui en ont besoin et leur assurer une continuité de cheminement avec les transports en commun, ou en intérieur pour orienter et rendre les informations contextuelles accessibles.

80% des personnes sont actuellement équipées de smartphones.

C’est un outil qui permet de diffuser des contenus adaptés à chaque langue, à chaque type de handicap, en audio pour les déficients visuels, textes et langues des signes pour les déficients auditifs, facile à lire et à comprendre pour les déficients cognitifs, itinéraires spécifiques pour les personnes en fauteuil. »

Ce qu’en pense Charlie GALLE, le CEO & co-fondateur de N-VIBE ?

« La problématique des enjeux de l’ac essibilité et de la mobilité, c’est de permettre à des personnes en situation de handicap d’avoir accès aussi bien à Internet (l’accessibilité numérique) qu’à l’emploi, qu’à tout type d’activité qui vont être accessibles au plus grand nombre. Nous nous occupons surtout de la mobilité. Chez n-vibe on développe des bracelets gps vibrants pour aveugles et malvoyants. Notre objectif étant d’accompagner la mobilité des personnes en situation de handicap visuel. Grâce à notre produit on va permettre à des personnes en situation de handicap visuel d’avoir plus de mobilité et on va rendre accessible le déplacement urbain piéton ; on a aussi un petit volet sportif puisqu’on travaille notamment avec DAVID LABARRE, ancien champion paralympique de cécifoot  qui fait de la randonnée ; notre objectif est vraiment de pouvoir permettre à des personnes en situation de handicap de se déplacer dans tout environnement, ce qui provoque des effets positifs sur la santé mentale comme physique. »

Quels cas d’usages ?

Les gros problèmes qu’on rencontre c’est la difficulté de trouver des relais. Je suis en fauteuil roulant. Si je suis à Bordeaux et que je dois aller à Paris, par exemple pour le salon VIVATECH comme cela m’est arrivé régulièrement, je sais que le 1er étage de VIVATECH où se font toutes les conférences n’est accessible que par un escalator. L’escalator, je n’ai pas le droit de le prendre en fauteuil roulant, c’est interdit et un vigile en bas me dit STOP ; il y a donc beaucoup de choses auxquelles je ne peux pas participer. C’est pour cela que je disais que ça a un impact que ce soit sur l’emploi, sur la santé… L’impact au quotidien c’est aussi ne pas pouvoir me nourrir ou aller chercher mon enfant à l’école. 

Pour moi aujourd’hui l’important c’est comment les outils, numériques ou digitaux, permettent de compenser ces ruptures de déplacement en proposant une solution agile gratuite et réactive et une couverture internationale. C’est pour cela que l’idée a été de se dire qu’on a une application qui doit être cent pour cent inclusive, parce qu’en terme d’usage justement, on se concentre sur une cible qui a des troubles, soit de motricité, soit de concentration, soit qui est en mode panique parce qu’elle est dans l’urgence  et a un pépin… Ça c’est l’application, et à côté de cela, créer une communauté d’entraide qui peut être déployée partout dans le monde, ce que nous appelons ANGES GARDIENS. Ils peuvent à tout  moment, quand on envoie une alerte, être réactifs soit en donnant l’information soit en venant porter secours à la personne.

Stéphanie GATEAU  CEO  HANDIROAD

Pour le guidage inclusif :
Sur les sites complexes, administratif ou hôpital par exemple, ou dans les transports en commun, qui ne s’est pas perdu pour trouver le bon bâtiment, le bon service, la bonne salle, ou le bon quai, qui ne s’est pas arrêté pour demander son chemin ou chercher une personne qui pouvait aider ?

L’idée est de pouvoir guider les visiteurs selon leur destination, avec des informations de guidage, par étapes en utilisant les repères pour les déficients visuels, et simplifiés pour les autres profils, indiquant des itinéraires adaptés, par exemple les ascenseurs pour les personnes en fauteuil, et s’ajustant à la demande en cas de travaux ou panne d’ascenseur.

Pour améliorer la mobilité et la continuité de cheminement pour les déficients visuels,  nous avons complété notre solution d’application mobile par des balises sonores, qui permettent, lorsque les repères tactiles sont insuffisants, de mieux les diriger vers les entrées, quais, portes ou passages, boutons d’ascenseurs, lecteurs de badge, ou traverser les passages piétons sur la voirie.

Pour l’accessibilité universelle à la culture :

Nous avons équipé des parcours en extérieur, sur le patrimoine, les jardins botaniques, parcs de loisirs, les événements temporaires ou des musées avec des expositions, permanentes et temporaires, et avons couverts tous les profils de handicap et jusqu’à 12 langues, ainsi que des profils ludiques & pédagogiques pour les enfants.  

Caroline AZIERE AUDIOSPOT

Et pour aller plus loin ?

Selon Caroline AZIERE d’AUDIOSPOT, il faut « Améliorer la précision du guidage et la continuité de la chaine de déplacement. C’est notre objectif ! ».

Un peu de lecture ?

N-vibe https://n-vibe.com

David Labarre : sportif cécifoot https://fr.wikipedia.org/wiki/David_Labarre

handiroad https://handiroad.com

audiospot https://www.audiospot.fr

Photo by Robert Ruggiero on Unsplash


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Proposé par
Zoubeir Haffez

Réalisateur, Documentariste, Reporter et Journaliste spécialisé dans les domaines des nouvelle technologie et de l’accessibilité.

J'évolue dans le milieu de l'audiovisuel et du cinéma depuis 10 ans, passionné d'image malgré mon handicap visuel, j'ai suivi une formation chez JARIS, puis en alternance au sein du groupe Métropole Télévision (M6).
Je réalise et monte des vidéos à mon compte depuis 2018, tout en gérant ma chaine Youtube orienté sur l'accessibilité.

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