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La maïeutique et le design

Un dimanche de février, lors d’une discussion sur Discord avec Magali, nous avons croisé nos métiers et nous sommes trouvé un point commun, la maïeutique.

La magie du digital nous a poussés à partager nos échanges pour te proposer dans cet article écrit à 4 mains, nos réflexions sur le design et la maïeutique.

Design et maïeutique, kezako ?

Qu’est-ce que le design ?

C’est une pratique humaniste qui vise à créer des objets, des services pour répondre aux besoins du plus grand nombre.

Qu’est-ce la maïeutique ? Issue de la pensée de Socrate, elle se propose d’amener un interlocuteur à prendre conscience de ce qu’il sait implicitement et à l’exprimer.

Pourquoi allier les deux ? Cela permet de mettre des mots et des qualificatifs sur des choses réalisées naturellement. Le designer interroge les personnes sur leurs pratiques des objets, et cela les amène à réfléchir à des choses faites de manière habituelle voire intuitive. De plus, cet échange engendre une réflexion sur leurs usages familiers, questionne la pratique d’un objet, d’un service ou d’un produit, et la manière dont on l’utilise. C’est la rencontre des deux qui va faire le succès d’un produit.

Design et maïeutique, quels enjeux ?

Dans la pensée design / maïeutique et la posture du designer, on peut déceler diverses étapes qui vont de l’interrogation à l’accompagnement en passant par l’observation et l’analyse.

Pour le designer, l’enjeu principal est d’amener les gens à parler de leur utilisation quotidienne des choses, de parvenir à cibler leurs usages par automatismes (au sens de ne plus se rendre compte de ce qu’on fait et surtout de comment on le fait) sur des objets entrés dans leur quotidien. Par exemple, un ébéniste ne s’interroge plus sur sa manière de s’organiser ou d’utiliser ses outils pour se concentrer sur la réalisation de sa tâche.

Cette phase d’empathie permet de mettre en évidence les usages et de définir les besoins et les pratiques. Pour ce faire, l’important est de bien prendre en compte les usages déjà établis pour pouvoir, dans un second temps, qualifier les besoins.

Il faut davantage les considérer comme un axe d’amélioration que comme un axe de critique.

Si le designer pense l’usage de l’objet en rapport avec son utilisation effective, il permet de trouver les points à améliorer et de répondre à la bonne problématique en mettant les utilisateurs au centre de la réflexion. Dans notre exemple, après avoir défini les besoins de l’ébéniste, le designer travaille sur l’usage pour lui offrir une expérience améliorée, une expérience pertinente, une expertinence.

Exemples et cas d’usages des combinaisons entre le design et la maïeutique ?

Dans cette posture réflexive, il est bon de distinguer l’usage de la pratique : l’usage est inscrit et prescrit par l’objet, la pratique est ce qu’on en fait réellement, c’est parfois différent. La pratique intervient avec la répétition et engendre souvent l’automatisme par la gestuelle, quand les outils deviennent le prolongement du corps. Les gestes deviennent moins conscients mais plutôt une suite logique pour atteindre un but (par exemple notre ébéniste à nouveau, qui créera un meuble). En alliant la pensée maïeutique et le design, le designer va non seulement penser l’objet, mais replacer l’humain comme point de départ à toute réflexion. Un fabuleux effort de vision à 360°, et de combinaison d’éléments, qui vont amener à l’amélioration des outils pour les faire au mieux coïncider avec les besoins et les usages. Cette pensée maïeutique c’est accompagner l’artisan, le client, l’usager à penser leurs pratiques, à les verbaliser pour les identifier et enfin les visualiser pour permettre l’optimisation non seulement des objets, des outils mais également des actions. Le designer aide donc les choses à émerger sans être partie prenante.

Et pour aller plus loin ?

La maïeutique comme posture invite le designer à prendre du recul par rapport aux questionnements et à ne pas se considérer forcément comme sachant. Se placer dans une posture d’apprenant permet d’être plus ouvert aux détails. On découvre toujours des usages auxquels on n’aurait pas pensé, les gens ont une très grande inventivité.

Même si on considère le design comme un levier d’innovation, le designer doit garder à l’esprit qu’il est nécessaire d’aider les sociétés à être plus vertueuses et à consommer moins d’énergie. Grâce au concept d’économie circulaire, il replace les entreprises comme contributrices à l’environnement et ses ressources finies.

Un peu de lecture ?

Référence bibliographique :http://www.alliance-francaise-des-designers.org/definition-du-design.html

Le Design Fiction

Atomic Design

Photo by Patrick Tomasso on Unsplash


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Designer Produit. Je travaille pour des agences de Design, de Communication, des PME aux grands groupes, pour leur apporter mon expertise de designer, les conseiller sur leur positionnement design face à leurs concurrents et réaliser des études pour leurs nouveaux produits. J’interviens également sur la réalisation de sketchs, d’images de synthèse, de la maquette virtuelle jusqu’aux prototypes.

Comité édito #deLaRoom #BonjourPPC

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