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Le 21 septembre 2020, le YouTubeur Marvell Fitness a été condamné à un an de prison ferme pour être l’auteur de cyberharcèlement envers huit personnes. Il était également connu pour proférer des insultes et des appels au suicide sur les réseaux sociaux. 

Phénomène de plus en plus répandu, on se plonge aujourd’hui dans le décryptage de ce qui se cache avec le cyberharcèlement.

Le cyberharcèlement, c’est quoi?

Selon le service-public.fr, le harcèlement “est le fait de tenir des propos ou d’avoir des comportements répétés ayant pour but ou effet une dégradation des conditions de vie de la victime.”

Le harcèlement est caractérisé par « la fréquence des propos et leur teneur insultante, obscène ou menaçante ».

Le cyberharcèlement, lui, se distingue du harcèlement de par la sphère sur laquelle il prend forme. Il opère exclusivement sur internet (réseau social, forum, jeu vidéo…), offrant plus de confort à leurs auteurs qui peuvent conserver facilement leur anonymat.

Qu’est ce qu’il y a en jeu avec le harcèlement et le cyber harcèlement ?

Selon une étude de Microsoft, l’indice du civisme en ligne a gagné 3 points en 2020. En France, ce sont 59% des adolescents et 66% des adultes qui sont concernés par les incivilités sur internet. 

Le cyberharcèlement peut prendre différentes formes. Les trois cas les plus courants sont:

  • l’escroquerie et la tentative de fraude
  • la discrimination (genre, race, religion, couleur de peau…) 
  • les discours haineux

Le harcèlement ou le cyber harcèlement entraînent une dégradation de la santé physique ou mentale de la personne harcelée. Ils peuvent aussi pousser les victimes à des actes extrêmes, à l’image d’une jeune fille suisse de 13 ans qui s’était suicidée en 2017 après avoir été victime de cyberharcèlement par un adolescent de 17 ans. A l’époque, ce dernier avait été condamné à seulement sept jours de travaux d’intérêt généraux. 

Que faire en cas de cyberharcèlement ? 

Condamner un cyber harceleur est encore aujourd’hui extrêmement compliqué. Tout d’abord, comme évoqué ci-dessus, préserver son anonymat sur internet est relativement simple. Identifier une personne agissant sur la toile est donc complexe si celle-ci agit sous un pseudo, sans photo et n’offrant peu, voire aucune information personnelle. 

Un autre obstacle, à ne pas négliger, est le rôle d’intermédiaires techniques : les hébergeurs et les fournisseurs d’accès à internet (FIA).

Les hébergeurs de ces contenus offensants et blessants doivent être en capacité de pouvoir supprimer rapidement les propos d’un internaute. Or, cela n’est pas réalisé systématiquement. Les FIA, de par leur fonction, peuvent également être tenus pour responsables au regard de la loi.

  1. Les victimes de cyberharcèlement peuvent se manifester auprès de la police ou de la gendarmerie via le 17 ou en envoyant un SMS au 114. 
    Il est également possible de signaler du contenu sur le la plateforme PHAROS  (Plateforme d’Harmonisation, d’Analyse, de Recoupement et d’Orientation des Signalements) du Ministère de l’Intérieur. 
  2. Il ne faut pas hésiter également à prendre des captures d’écran, conserver des traces des propos tenus afin de toujours avoir des preuves, quand bien même le contenu aurait été effacé. 
  3. Il est également possible de saisir la CNIL (Commission Nationale de l’Informatique et des Libertés) afin de demander l’effacement des contenus injuriants. 
  4. En parallèle,  les moteurs de recherche peuvent aussi être contactés pour demander à déréférencer un contenu qui figure dans les résultats de recherche.

Et pour aller plus loin ?

Je te conseille d’abord un podcast entièrement dédié au cyberharcèlement avec notamment l’intervention de Noura Bouazzouni, journaliste et écrivaine féministe, elle-même victime de cyberharcèlement. Elle témoigne sans filtre de ce qu’elle endure au quotidien et aussi de sa manière d’appréhender ces attaques en flux continu. 

Ensuite, je t’invite à être vigilant aussi dans ton univers professionnel. Si le jeune public (adolescent et enfant) est évidemment une cible privilégiée des cyberharceleurs, les adultes n’en sont pas moins exclus pour autant. En effet, le phénomène se répand également dans la sphère professionnelle. Une étude belge de 2019 révèle qu’environ un travailleur sur dix se sent victime de cyberharcèlement au moins deux fois par semaine. Bien que le problème soit bel et bien existant, force est de constater que le cyberharcèlement au travail est un enjeu marginalisé, voire même ignoré. 

Enfin, une question ouverte qui nous concerne tous : La crise sanitaire et la généralisation du télétravail, qui aura eu tendance à renforcer ou créer un sentiment d’isolement chez certaines et certains, auront-elles un impact significatif sur la banalisation du cyberharcèlement ? Qu’en penses-tu ?

Un peu de lecture ?

https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F32239
https://www.cnil.fr/fr/reagir-en-cas-de-harcelement-en-ligne
https://www.beswic.be/fr/actualites-et-evenements/le-cyberharcelement-au-travail 
https://www.huffingtonpost.fr/entry/marvel-fitness-le-youtubeur-condamne-a-deux-ans-de-prison-pour-harcelement_fr_5f6922d8c5b655acbc6e9f26 
https://news.microsoft.com/fr-fr/2021/02/09/safer-internet-day-le-civisme-en-ligne-sameliore-de-3-points-dans-le-monde/
https://news.microsoft.com/fr-fr/2020/02/11/safer-internet-day-62-des-francais-se-declarent-harceles-en-ligne-un-chiffre-en-hausse-de-10-par-rapport-a-lannee-derniere/
https://www.franceinter.fr/societe/civisme-en-ligne-en-2020-un-internaute-francais-sur-quatre-a-ete-victime-ou-temoin-de-cyber-harcelement 


Photo by Philipp Katzenberger on Unsplash

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Proposé par
Louis Poulain

Scrum Master/servant leader chez Wemanity

Agitateur d'idées, agiliste à plein temps, tombé dans la marmite il y a 4 ans.
Mammifère en permanente mutation, s'adapte à tous type d'environnement.
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Formateur Scrum (PSPO I, PSM I)

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