De la charge mentale à la charge digitale en période de confinement

La charge mentale… Le terme n’est pas récent. Pourtant, il est revenu sur le devant de la scène en 2017 par l’entremise d’une BD publiée en ligne par Emma, jeune ingénieure informatique. L’opus « Fallait demander » avait alors résonné pour bon nombre de femmes et d’hommes et était devenu viral.

Dans le contexte actuel de confinement, alors que le lien avec le monde professionnel passe principalement par l’outil numérique, la charge mentale voit poindre à ses côtés la charge digitale. Elle se caractérise par la tendance à l’hyperconnexion, l’absence de limites entre le professionnel et le privé, l’accentuation de la fracture numérique et la difficulté pour certains à s’approprier les outils digitaux.

En quoi consiste la charge mentale ?

La charge mentale, dans la vie personnelle, c’est cette injonction tacite que l’on s’impose et qui consiste à devoir penser… à tout. Penser aux courses à faire, à la machine à étendre, aux rappels de vaccin, à l’anniversaire de Belle-Maman…

Majoritairement supportée par la gente féminine, même si elle n’exempte pas pour autant les hommes, la charge mentale est un mal invisible, sourd, souvent empreint de culpabilité et de non-dit.

Le concept de charge mentale est né dans les années 70 dans le monde du travail. Le travail était encore majoritairement manuel. Il était essentiel d’apporter une notion de charge physique supportable. A l’aune des années 80 et de l’avènement du travail sur ordinateur, les sociologues ont cherché à apporter une nouvelle mesure.

Le concept de charge mentale peut ainsi se résumer à l’ensemble des sollicitations du cerveau dans le cadre de l’exécution de tâches. On distingue 4 approches différentes : l’approche exogène, l’approche capacitaire, l’approche énergétique et l’approche holistique.

L’approche exogène consiste à évaluer uniquement le degré d’exigence de la tâche à réaliser. L’approche capacitaire intègre le rapport entre cette exigence et la capacité de l’opérateur à réaliser la tâche. L’approche énergétique inclut, elle, l’effort que nécessite la réalisation de la tâche. Enfin, l’approche holistique synthétise l’ensemble des approches précédentes en tenant compte également de la stratégie mise en œuvre pour la réaliser.

Depuis 40 ans, l’évolution des métiers a vu naître l’évolution de la conception même de la charge mentale. Les technologies ont favorisé une accélération tant dans la réalisation que la capacité à réaliser les tâches, les exigences se sont accrues… Le stress au travail fait son entrée. Il a fait éclore la notion de bien-être au travail et de qualité de vie au travail mais aussi celui de Burn-Out.

Le confinement accentue la charge digitale

Jusqu’à présent, il était aussi possible de distinguer la charge mentale « au travail » et la charge mentale « à la maison ». Mais aujourd’hui, alors que 37 millions de français sont confinés depuis 4 semaines, tout se passe dans le même lieu de vie. Pour les parents, la continuité pédagogique ajoute une charge supplémentaire : celle d’assurer le relais au côté du corps enseignant. Se cumulent alors les tâches, dans un contexte inédit de surcroit. Et à ces charges mentales s’ajoute enfin une nouvelle forme de charge, liée celle-ci à la mise en place généralisée du télétravail.

Parce que le lien au monde du travail passe désormais principalement par le digital, une nouvelle forme de charge a vu ou est en train de voir le jour : la charge digitale. 

Le 100% télétravail fait exploser les plages horaires induites par le bureau habituellement. Les sollicitations sont parfois continues, l’hyperconnexion et la distance accentuent cettenouvelle forme de surcharge mentale.

Pour de nombreux salariés, la période actuelle les confronte à leur toute première expérience du télétravail. Ils doivent gérer leur organisation, se sentent pour certains obligés de légitimer et sur-démontrer leur engagement à distance. Les managers expérimentent eux aussi une nouvelle forme d’accompagnement, parfois maladroitement. A cela s’ajoute enfin, le contexte anxiogène et la crainte de l’isolement social.

Enfin, la distance oblige à faire face à une digitalisation accrue devant laquelle nous ne sommes pas tous égalitaires. La fracture numérique est de plus en plus une réalité.

Comment détecter les signes évocateurs d’une surcharge mentale ? Comment y faire face ? Et comment favoriser un accès au Digital pour Tous dans cette période de confinement ?

Liens vers les articles et références cités dans cet épisode 

Définition de la charge mentale ménagère selon Wikipedia https://fr.wikipedia.org/wiki/Charge_mentale_ménagère
La crise comme nouvelle dynamique managériale https://www.lesechos.fr/amp/1193567
Une application pour alléger la charge mentale https://www.ouest-france.fr/societe/famille/une-application-pour-alleger-la-charge-mentale-6700323
Surcharge cognitive https://www.changerletravail.fr/surcharge-cognitive

Les réactions suite au tweet d’avant émission https://twitter.com/ppc/status/1248718516146114562

Illustration Philippe-Élie Kassabi

Isabelle Defay

@IsaDefay

J’accompagne depuis plus de 10 ans les entreprises dans l’adoption de stratégies Inbound Marketing, ABM, Social Selling, Employee Advocacy et la création de contenus expert B2B.

Accessoirement ChocoAddict et doublement ProudMum.

Comité édito #deLaRoom #BonjourPPC

linkedin.com/in/isabelledefay

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