Les indépendants en période de confinement : quels changements ? Comment les aider ?

Après plus de 15 jours de confinement, la France tourne au ralenti et beaucoup d’entrepreneurs commencent à en ressentir malheureusement les effets. La crise sanitaire n’épargne aucune structure… et encore moins les travailleurs qualifiés « d’indépendants », estimés à 2,8 millions* en France.

Pourtant habitués à pratiquer le télétravail, en quoi cette crise bouleverse les habitudes ? Faut-il couper les liens avec ses clients ? Quel état d’esprit faut-il adopter : attendre que ça passe ou se jeter à corps perdu dans l’action ?

Le choix d’être indépendant est souvent poussé par le désir de liberté, d’organiser son travail à sa manière et ne pas avoir à subir les ordres d’un supérieur hiérarchique. Mais ce nouveau mode de travail implique d’être à la foi donneur d’ordre pour soi-même… et exécutant. 

Et une fois recensées les quelques aides financières possibles, proposées par le gouvernement, la BPI ou l’Ursaff, le Coronavirus nous pousse à revoir, de manière plus terre à terre, l’organisation de nos jours, de nos semaines, de notre business, bref de faire face à nos propres responsabilités. 

Des envahisseurs à la maison ? 

Le home-office était déjà une pratique courante pour les indépendants habitués depuis longtemps à travailler de la maison et à distance. Depuis 15 jours, l’espace calme du foyer est complètement chamboulé. Il faut maintenant gérer la vie commune, les enfants et les devoirs (parce que les professeurs, eux sont partis du principe que nous n’avions plus de travail et étions pleinement disponibles pour prendre leur place). 

Le temps réservé à notre business s’est donc considérablement réduit. Fini de prendre une petite salade à 14h, avec avoir terminé un projet… Il y a maintenant toute une famille à intégrer dans ce planning, en prenant en compte, les cours de math de l’ainé qui démarrent à 13h, la visioconférence du chéri, qui se termine à 12h30. 

Et avec cette famille à la maison, il est important de vite reprendre ses repères et de se délimiter un espace de travail pour continuer à développer son propre business.

Mais où sont passés les clients ? 

Plus de nouvelles pour certains, d’autres sont en « mode panique », et des projets sont reportés : la méthode de travail doit forcément évoluer. Faut-il maintenir le lien avec ses clients ? Sans pour autant les harceler avec des offres commerciales, la prise de contact et le lien humain restent importants en ce moment. 

Peut-être, est-ce le moment de marquer sa présence grâce aux réseaux sociaux ? Rédaction de nouveaux posts, ouverture d’un blog, création d’une chaine Youtube pour développer sa visibilité, créer un podcast … Rester dans l’esprit de ses clients est primordial pendant ce confinement. Et puis, les outils digitaux facilitent grandement cette prise de parole avec le déploiement de webinars, de lives… Pourquoi ne pas les tester pour démontrer son expertise ? 

Faut-il attendre que ça se passe ? 

Lors d’une visioconférence nommée « face à l’incertitude de la crise, quelle posture pour le dirigeant ? », le 30 mars dernier, Philippe Silberzahn, professeur à l’EMlyon a énoncé quelques principes basés sur l’Effectuation (une logique d’action pour les entrepreneurs).
La crise est bien là et il faut l’accepter. Fini les lamentations, nous sommes au commande et nous devons agir ; car oui, demain sera différent. Mettons nous dans une posture d’action. 

L’auteur de « Stratégie Modèles mentales », émet quelques conseils, comme :

  • Faire avec ce que l’on a « sous la main ». C’est le moment de faire le point sur nos ressources (ressources temps, financières, humaines, compétences, forces et… vulnérabilités)
  • Agir, agir petit, en contrôlant le risque, mais… agir. Peut-être que l’activité, le services ou les produits peuvent être proposés en ligne ? 
  • Co-construire ses futures actions : et si nous réfléchissions à de nouvelles collaborations ? Pendant la crise, l’entraide est forte, alors pourquoi ne pas travailler avec d’autres indépendants, ou collaborer avec des start-up ? L’indépendance n’est pas synonyme de « travailler seul ». Il est également temps de réactiver le réseau (réseaux d’indépendants, anciennes écoles, entrepreneurs,…) !
  • Être opportuniste et tirer parti des surprises : de nouveaux services innovants voient le jour. Les périodes de crises sont propices aux innovations (en ayant toujours en tête, le fameux « Why » de Simon Sinek : quelle est votre mission, quels « maux » allez-vous guérir ?).  Où peut-on apporter notre savoir-faire ?
    Cette crise ne serait-elle pas un déclic pour envisager des nouvelles stratégies de développement ou quelques améliorations dans votre business ? 

Rajoutons également aux points cités ci-dessus, la possibilité de se former sur de nouvelles compétences ou approfondir certaines compétences… c’est le moment où jamais ! 

De nombreux organismes, collectifs proposent des pages dédiées au passage de cette crise ou parfois même des coaching gratuits… pourquoi ne pas essayer pour profiter au mieux de cette période de confinement !

Prenez soin de vous… et de votre business !

Illustration Philippe-Élie Kassabi

Stéphanie Gérifaud

@stephgerifaud

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