Les réseaux sociaux rendent-ils asociaux ?

Les réseaux sociaux rendent-ils asociaux ? Vaste question qui agite le petit monde du web depuis leur apparition.

Si on se fie aux définitions, Wikipedia nous confirme que – en sciences humaines et sociales – l’expression réseau social désigne … depuis 1954 « un agencement de liens entre des individus et/ou des organisations, constituant un groupement qui a un sens : la famille, les collègues, un groupe d’amis, une communauté, etc. » On la doit à l’anthropologue australien John Arundel Barnes.

L’expression « réseau social » dans l’usage habituel renvoie généralement à celle de « médias sociaux » qui recouvre les différentes activités qui intègrent technologie, interaction sociale entre individus ou groupes d’individus, et la création de contenu. Andreas Kaplan et Michael Haenlein les définissent comme « un groupe d’applications en ligne qui se fondent sur la philosophie et la technologie du net et permettent la création et l’échange du contenu généré par les utilisateurs ».

Hors du domaine des sciences sociales, l’expression « réseaux sociaux » renvoie aux entreprises de réseautage social sur le net et à leurs utilisateurs à travers le monde qui constituent ensemble un réseau social virtuel en reliant, des personnes ou des identités virtuelles.

Être asocial c’est «ne pas s’adapter à la vie sociale en général. Il s’agit d’un trait de personnalité qui peut apparaître dans certains contextes de violence, surtout pendant l’enfance. Les relations avec les autres sont vécues comme une contrainte. Dans certains cas, lorsque l’asociabilité est importante, on parle de « personnalité asociale ». Il s’agit d’une façon de penser, d’interpréter et d’agir avec les autres qui est particulièrement agressive, et anormale. Les personnes souffrant de ce trouble de la personnalité ont souvent des troubles du comportement, supportent mal l’autorité ou le cadre ».

Alors entre les tenants du tout « les réseaux sociaux me rend social » et ceux qui les diabolisent en pensant qu’ils rendent asociaux, ou disons seulement « anti-sociaux » il faut raison garder et apporter un peu de nuances et beaucoup de prudence, sachant que l’excès en tout n’est jamais la vérité, pas plus que la seule solution.

Beaucoup, dans les tweets d’avant enregistrement du Podcast #BonjourPPC sur ce thème, en font état et il est rassurant de constater que non, les réseaux sociaux ne rendent pas « asociaux » et qu’ils peuvent aussi contribuer à renforcer le lien social, voir même à le créer. Qu’il est bon de garder une vie sociale « ancrée » dans le présent physique « ici et maintenant » et que le droit à la déconnexion existe et peut s‘exercer régulièrement.

Bien sûr, sur les réseaux sociaux, on y trouve le bon grain comme l’ivraie. Mais on peut aussi y exercer son esprit critique et sa responsabilité individuelle. Ils permettent de montrer, démontrer, fédérer les actions autour de l’innovation sociétale. Ce sont de véritables accélérateurs de liens. Ils permettent d’explorer, de rencontrer, de découvrir, de partager, d’échanger, de confronter, d’apprendre, de s’apprendre mutuellement et de grandir ensemble. Ils apportent donc du sens et une finalité au service de l’action. C’est aussi cette fameuse force de reliance.

Nombreux et nous en sommes en avons fait l’expérience, l’usage des réseaux sociaux facilite le 1er contact, pour certaines personnes désinhibe, et donne envie et permet de rencontrer de vraies personnes pour souvent ensemble vouloir partager, échanger, et pourquoi pas « changer le monde ».

L’alchimie des réseaux sociaux est incomparable. C’est aussi un incroyable booster de rencontres. Des rencontres qui ont du sens.

J’en veux pour preuve l’aventure humaine née sur twitter en DM, avec notre petite rédacroom fédérée par PPC, qui se poursuit et s’élargit sur Discord avec beaucoup d’entre nous qui ne se connaissaient pas IRL – est l’exemple vécu qui témoigne de la réalité à devenir des lieux propices aux échanges. Des relations permanentes y sont nées, fondées sur le partage de l’information, le soutien, l’entraide. Où tout y est plus facile, plus fluide, plus évident. Où les conventions qui dominent sont celles de la bienveillance et de l’altérité. Nous sommes près de 70 à pouvoir démontrer les capacités à innover dans ce cadre qui ont émergé et qui pour certaines se sont pleinement réalisées.

Parmi les réseaux sociaux Twitter et l’usage que nous faisons de Discord intègrent la dimension humaine essentielle de la reliance, si bien représentée par Salvatore Parise, Eoin Whelan et Steve Todd dans leur schéma et article paru dans MITSloan Management Review en 2015. https://sloanreview.mit.edu/article/how-twitter-users-can-generate-better-ideas/

Ce concept de reliance a été proposé à l’origine en 1963 par Roger Clausse pour indiquer un « besoin psychosocial d’information, de reliance par rapport à l’isolement ». Le besoin de reliance était dans son esprit une facette du besoin d’appartenance sociale. Il a été repris et réélaboré à la fin des années 1970 par Marcel Bolle de Bal, à partir d’une sociologie des media. La reliance définit l’état de toutes choses et par extension de personnes qui sont connectées, reliées, entre elles, dans une relation interpersonnelle. A la seule notion de connexion, on peut ainsi dire que la reliance ajoute le sens, la finalité, l’insertion dans un « système » une organisation.

« Parce que les médias sociaux opèrent précisément au niveau profond de l’information / la relation / l’identité, ce sont des superpouvoirs. Ils permettent l’amplification des réseaux dont les systèmes vivants ont besoin pour prospérer. Dommage pour ceux qui ne comprennent pas encore, ou ne veulent pas comprendre, les réseaux sociaux ».

http://bit.ly/changementhumain : à lire ce texte essentiel sur le changement écrit par mon amie @CelineSchill

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Liens vers les références citées lors de cet épisode

Définition selon Wikipedia https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Réseau_social
Réseau asocial : ce qu’il ne faut pas laisser à Internet https://www.institutsapiens.fr/reseau-asocial-ce-quil-ne-faut-pas-laisser-a-internet/
Les réseaux sociaux nous rendent-ils asociaux? https://www.challenges.fr/tribunes/comment-les-reseaux-sociaux-transforment-le-debat-public-en-catastrophe-democratique_584743.amp
Réseaux sociaux… ou asociaux ? https://www.cerveauetpsycho.fr/sd/psychologie/reseaux-sociaux-ou-asociauxnbsp-11358.php

Les réactions suite au tweet d’avant émission https://twitter.com/ppc/status/1236909369952030720

Illustration Philippe-Elie

Photo CDiscount

Coryne Nicq

@CoryneNicq

✨ RegardOblique • Chasseuse de signaux faibles • Audit d’identité et conseil stratégique des entreprises et organisations • directeur.e de communication • associée UMANAO • administrateur.e indépendant.e • co-fondatrice du mouvement des Entrepreneurs d’avenir •
co-fondatrice #i4Emploi • etc.
En deux mots : slasheuse et engagée

Comité édito #deLaRoom #BonjourPPC

Linkedin.com/in/corynenicq

Proposé par
Coryne Nicq

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1 commentaire
  • […] Avouez-le, ça fait du bien de trouver des havres de paix à l’abri de ces autoroutes de l’information que sont devenus les réseaux dits sociaux que certains appellent même les réseaux (a)sociaux. […]

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